Résistance et continuité

Chute de tension aux pôles inducteurs : détection des spires en court-circuit

L’essai de chute de tension aux pôles inducteurs applique une faible tension alternative à l’enroulement inducteur d’une machine et mesure la tension aux bornes de chaque pôle à tour de rôle. Les pôles à spires en court-circuit ou à connexions défectueuses se démarquent de leurs voisins, ce qui aide à repérer les problèmes de rotor.

Des lectures en plusieurs points d’essai, toutes dans la bande d’erreur admise.

De quoi il s’agit

L’essai de chute de tension aux pôles inducteurs, souvent appelé essai de chute en c.a., est un essai comparatif sur l’enroulement inducteur d’une machine tournante. Un courant alternatif à basse tension traverse tout le circuit inducteur et un voltmètre mesure la tension aux bornes de chaque pôle, l’un après l’autre. L’essai s’applique aux moteurs et aux alternateurs synchrones à pôles saillants, dont le rotor porte une série de pôles bobinés, ainsi qu’aux moteurs et aux génératrices à courant continu, dont les pôles inducteurs fixes sont raccordés en série. C’est une vérification simple et rapide qui ne demande qu’une source alternative variable à basse tension, un appareil de mesure du courant et un bon voltmètre. Ce qui compte n’est pas la lecture absolue d’un pôle, mais la comparaison des pôles entre eux. Des pôles électriquement identiques par leur conception doivent présenter à peu près la même tension lorsque le même courant les traverse, de sorte qu’un pôle dont la lecture diffère signale un changement dans son enroulement ou dans les connexions de part et d’autre.

Pourquoi on le fait

Les défauts de l’enroulement inducteur sont difficiles à voir et évoluent en silence. L’isolant entre spires d’un pôle du rotor peut céder sous l’effet de la chaleur, de la contrainte centrifuge, de la contamination ou des vibrations, laissant quelques spires en court-circuit. La résistance en courant continu de l’inducteur change très peu quand quelques spires sont perdues, si bien qu’une lecture de résistance ordinaire peut accepter la machine alors qu’un vrai défaut se développe. Des spires en court-circuit réduisent la force magnétique du pôle, déséquilibrent le champ de la machine, augmentent les vibrations, accroissent l’échauffement des spires restantes et, laissées sans suite, peuvent évoluer vers un défaut à la terre et une avarie du rotor qui met la machine hors service pour une réparation longue et coûteuse. Les connexions desserrées ou à haute résistance entre pôles chauffent aussi en charge et peuvent s’ouvrir. L’essai à la réception confirme que le rotor n’a pas été endommagé pendant le transport et fournit une référence, et l’essai lors des arrêts d’entretien détecte les changements assez tôt pour planifier une réparation.

Le principe

À la fréquence industrielle, l’impédance d’une bobine est dominée par son inductance, et l’inductance dépend fortement du nombre de spires et de la qualité de leur couplage avec le circuit magnétique du pôle. Quand le même courant alternatif traverse tous les pôles en série, la tension aux bornes de chaque pôle est proportionnelle à l’impédance de ce pôle. Un pôle sain d’une conception donnée présente donc à peu près la même chute de tension que ses semblables. Lorsque certaines spires d’un pôle sont en court-circuit, elles se comportent comme le secondaire d’un transformateur et laissent circuler un courant qui s’oppose au flux. L’inductance effective du pôle diminue, la tension à ses bornes diminue aussi et le pôle ressort comme faible par rapport aux autres. Une connexion à haute résistance entre pôles a une signature différente : elle montre une chute élevée à la connexion même ou un total perturbé. Une mesure en courant continu ne peut pas faire cette comparaison, car l’inductance ne joue aucun rôle en régime permanent, et c’est pourquoi l’essai alternatif trouve ce qu’une lecture de résistance manque.

Comment on le réalise

La machine est mise hors tension, isolée de toute source, verrouillée et mise à la terre selon les procédures du propriétaire, et le circuit inducteur est débranché de l’excitatrice, du redresseur ou de l’alimentation des bagues collectrices afin qu’aucun équipement électronique ne subisse la tension d’essai. Sur une machine synchrone, l’essai peut se faire sur le rotor lorsque les pôles sont accessibles, ou par les bagues collectrices, le rotor étant à l’arrêt. Une source alternative à basse tension, obtenue d’un transformateur variable, est raccordée à l’enroulement inducteur, avec un appareil pour surveiller le courant et un voltmètre distinct pour lire chaque pôle. La tension et le courant sont amenés à un niveau que la norme ou le fabricant permet, assez bas pour ne pas contraindre l’enroulement, et maintenus stables pendant que les pointes du voltmètre sont placées aux bornes de chaque pôle en séquence, en veillant à toucher les bornes du pôle et non la peinture ou la corrosion. Sur une machine à courant continu, les pôles inducteurs se mesurent de la même façon, les balais étant relevés ou le circuit d’induit isolé. Lors des essais répétés, on utilise la même source, le même courant et les mêmes points de contact, et lorsque le rotor peut tourner, les lectures sont répétées à plus d’une position, car le résultat peut varier légèrement avec la position du pôle par rapport au stator. La température de l’enroulement est notée. À la fin, la source est ramenée à zéro et coupée avant le retrait des câbles.

Ce qui est consigné

L’enregistrement indique le courant de la source utilisé, la tension mesurée aux bornes de chaque pôle et l’ordre dans lequel les pôles ont été mesurés, avec la position du rotor lorsqu’elle compte. Il note aussi la température de l’enroulement, l’identité et l’état d’étalonnage des instruments, l’état constaté de l’inducteur, par exemple propre et sec ou visiblement contaminé, ainsi que tout câble levé pour isoler le circuit. La comparaison entre pôles n’a de sens que si le lecteur ultérieur peut voir que les mêmes conditions s’appliquaient, c’est pourquoi le montage de l’essai est documenté en plus des lectures.

Comment les résultats sont jugés

Aucune lecture isolée ne décide du résultat, et cette page n’énonce aucune limite chiffrée. Le critère principal est la comparaison entre les pôles d’un même enroulement : les pôles de même conception doivent donner des lectures très proches, et celui qui s’écarte du groupe est celui qu’il faut examiner. Un pôle faible laisse généralement soupçonner des spires en court-circuit, tandis qu’une chute anormalement élevée peut indiquer une mauvaise connexion ou un problème de montage de la mesure. Le deuxième critère est la comparaison avec les données du fabricant et le troisième, la comparaison avec les résultats antérieurs de la même machine, où la dérive entre les essais est aussi instructive que l’écart absolu entre pôles. Les effets de la position du rotor sont pris en compte et les lectures répétées doivent se reproduire. La portée de cette mesure et les conditions qui la commandent sont traitées dans ANSI/NETA ATS-2025 pour les essais de réception et dans ANSI/NETA MTS-2023 pour les essais d’entretien, où elle figure comme essai facultatif sur les machines visées. Pour les valeurs et le libellé applicable, consultez votre propre exemplaire sous licence des normes.

Variantes

À la réception, l’essai établit que l’enroulement inducteur est sain après la fabrication et l’expédition, et le résultat devient la référence pour toute la vie utile de la machine. En entretien, il est répété lors des arrêts et comparé à cette référence, et il est particulièrement utile après une période de surcharge, un défaut ou un rebobinage. Sur les machines synchrones à pôles saillants, les pôles tournent avec le rotor, de sorte que l’accès se fait par les bagues collectrices ou les connexions de pôles exposées, et la position du rotor peut compter. Sur les machines à courant continu, les pôles inducteurs sont fixes et plus faciles à atteindre, et l’essai peut aussi couvrir les pôles auxiliaires et les enroulements de compensation selon les indications du fabricant. Les machines à rotor cylindrique ont des enroulements répartis, de sorte que cette approche pôle par pôle ne s’y applique pas et que d’autres méthodes, comme la comparaison d’ondes de choc ou les vérifications d’impédance, sont utilisées. L’essai donne ses meilleurs résultats avec la résistance des enroulements, la résistance d’isolement et, si on en dispose, la comparaison d’ondes de choc, car chacun trouve un genre de défaut différent.

Où cet essai est exigé

Les catégories d’équipement et les articles de norme qui exigent cet essai, et les formulaires de UltraDb qui le comportent.

Machines Tournantes et Commande de Moteurs

Essai d’Acceptation de Moteurs Synchrones et de Générateurs Acceptation / Entretien
Cité dans: ATS-2025 7.15.2.B.15; ATS-2025 7.15.2.D.15; MTS-2023 7.15.2.B
Essai d’Acceptation des Moteurs et Générateurs à Courant Continu Acceptation / Entretien
Cité dans: ATS-2025 7.15.3.B.4; ATS-2025 7.15.3.D.4; MTS-2023 7.15.3.B.4

Normes applicables

Spécifications d’essais d’entretien pour l’équipement et les réseaux électriques de puissance

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Questions

Pourquoi faire un essai en c.a. si l’on dispose d’une lecture de résistance?

Des spires en court-circuit sur un pôle changent à peine la résistance en courant continu de tout l’inducteur, de sorte que la lecture de résistance peut sembler normale. Le courant alternatif fait intervenir l’inductance, et un pôle à spires en court-circuit a une inductance plus faible, ce qui se traduit par une tension plus basse à ses bornes que chez ses voisins.

Que signifie généralement une faible chute de tension sur un pôle?

Un pôle dont la lecture est nettement inférieure à celle des autres du même enroulement présente souvent des spires en court-circuit, car elles réduisent l’inductance effective du pôle. Il faut répéter la mesure, la vérifier à une autre position du rotor et la comparer aux lectures antérieures et aux données du fabricant avant de conclure.

L’essai s’applique-t-il aux moteurs à induction?

Non. Il est conçu pour les machines à pôles inducteurs distincts, soit les machines synchrones à pôles saillants et les machines à courant continu. Les moteurs à induction à cage d’écureuil n’ont pas de pôles inducteurs bobinés; on utilise plutôt d’autres essais, comme la comparaison d’ondes de choc, la résistance des enroulements et l’analyse de la signature du courant.

L’essai se fait-il pendant que la machine tourne?

L’essai de chute en c.a. se fait machine arrêtée et isolée, en appliquant une faible tension alternative d’une source externe. Il existe des méthodes en ligne pour détecter les spires en court-circuit au rotor, mais ce sont des techniques distinctes, avec leurs propres instruments, et elles ne font pas l’objet de cet essai.

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